Le théâtre libre de Minsk
Extrait de "génération jeans"
Une rencontre aussi inattendue que riche en enseignements, voilà comment je qualifierais l’heure que j’ai passé avec Nicolaï Khalezine, de la troupe du théâtre libre de Minsk
Originaires de Biélorussie, ils pratiquent ce que l’on appelle le théâtre libre, car là bas, la dictature règne et le pouvoir en place préfère faire jouer dans les théâtres nationaux des pièces mièvres des années communistes plutôt que toute forme nouvelle d’expression, en particulier quand celle-ci tend à dénoncer le pouvoir en place.
Oui quelle rencontre passionnante, quand on s’aperçoit que l’age du public qu’ils drainent lors de ces manifestations non autorisées oscille entre 18 et 25 ans, qu’ils sont obligés d’inventer nombres de stratagèmes afin de ne pas se faire prendre par la police, et de garder le lieu du spectacle secret jusqu’à la dernière seconde. Tout ça ne vous rappelle rien ? Si, cela ressemble (avec toutefois quelques nuances) aux raves illégales que l’on peut trouver dans nos pays. Etonnant, oui étonnant de se rendre compte que là bas c’est le théâtre qui anime une partie de la jeunesse, alors qu’ici ce n’est soyons franc pas le cas (tout du moins pour la majorité des jeunes).
Quel courage également, quand on s’aperçoit que c’est leurs propres vies qu’ils jouent parfois, entre les arrestations, les amis qui « disparaissent » et les licenciements qui tombent dès que l’appartenance au théâtre libre est avérée.
Connus dans le monde entier, il n’y a finalement que dans leur pays qu’ils ne sont pas les bienvenus, éternels nomades véhiculant le message d’un peuple opprimé.
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